Indépendant·e et arrêt maladie : la vérité qui pique un peu.

Imagine que tu te réveilles avec une grippe carabinée ! 

Le médecin tranche : 5 jours d’arrêt. Et là, tu te dis : « Comment je me paie pendant ce temps ? »

C’est un sujet souvent mis sous le tapis car on n’aime pas trop penser aux trucs qui fâchent.
Beaucoup de solos ne savent pas trop ce qu’iels touchent dans ces cas-là,  car iels ne sont jamais vraiment posé la question.


Et pourtant, en France, peu importe ton statut (micro, SAS, SARL, portage salarial, coopérative d’activité et d’emploi…), tu as bien droit à quelque chose. Mais, au-delà du statut, le montant que tu toucheras dépend aussi d’un facteur que tu pilotes toi-même : ton tarif.

Je te décrypte ça maintenant.

Radiographie d'une main affichée sur un écran de radiologie, faisant le signe « OK »<br />

Photo de ©Owen Beard

Sommaire

01. Oui, les indépendant·es touchent des indemnités maladie

02. Attention, sous un certain revenu, tu touches zéro indemnité journalière

03. Ton tarif détermine concrètement ton indemnité

04. Le cas des accidents de travail et de la maladie professionnelle

05. Et si tu fais partie d’une coopérative d’activité et d’emploi (CAE) ou que tu exerces en portage salarial ?

1 – Oui, les indépendant·es touchent des indemnités maladie

C’est la Sécurité sociale qui compense ton revenu pendant que tu es en arrêt en te versant ce qu’on appelle des indemnités journalières (ou IJ). Celles-ci sont calculées à partir de tes revenus cotisés. 

Donc, quel que soit ton statut, tu cotises pour ça, et tu peux en bénéficier.

Leur calcul s’appuie sur ton revenu d’activité annuel moyen (RAAM) des 3 dernières années. Les indemnités basées sur le RAAM concernent : 

  • les travailleuses et travailleurs non salariés (SARL, EURL, entreprise individuelle), 
  • les autoentrepreneuses et autoentrepreneurs.

Si tu es à ton compte mais sous un autre statut (CAE ou portage salarial), va directement au paragraphe dédié ci-dessous.

2 – Attention, sous un certain revenu, tu touches zéro indemnité journalière

Pour percevoir la moindre indemnité, tu dois afficher un revenu annuel moyen cotisé sur 3 ans supérieur à 4 800 €. Celui-ci sert de revenu de base au calcul du montant de tes indemnités.
En dessous de ce seuil, zéro IJ ! Peu importe la gravité de ton arrêt, peu importe que tu aies cotisé avec scrupule chaque mois.

En fait, le revenu annuel moyen cotisé, c’est ton chiffre d’affaires (qui dépend directement de ton tarif) diminué d’un abattement forfaitaire dont le taux dépend du type de ton activité. C’est-à-dire : 

  • 71 % d’abattement pour les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) de la vente,
  • 50 % d’abattement pour les BIC de la prestation,
  • 34 % d’abattement pour les bénéfices non commerciaux (BNC).

Pour ton info, les BNC et BIC sont des catégories fiscales de l’impôt sur le revenu pour les entreprises individuelles. Elles dépendent de la nature de l’activité. Va sur le site des impôts pour en savoir plus.

Une petite parenthèse s’impose avant de continuer : mais qui suis-je donc pour te donner tous ces conseils de vente et de juste prix ?

Sylvie Péan, Fondatrice – Créatrice de la formation Kiffe Ton Tarif

Formatrice et consultante en développement commercial, j’aide les entreprises et des entrepreneur·e·s indépendant·e·s à établir les bons prix, choisir les bonnes cibles et mieux vendre. J’ai créé Kiffe Ton Tarif pour t’aider à définir ton prix de vente parfait et remettre de la joie dans ton quotidien d’entrepreneur·e ! 

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3 – Ton tarif détermine concrètement ton indemnité

Le calcul de ton indemnité journalière

Ton indemnité journalière correspond à 1/730ᵉ de ton revenu moyen cotisé des 3 dernières années, comme je te le disais plus haut.

Le calcul est plafonné à 65,84 € brut par jour en 2026. 

Je te montre dans les schémas ci-dessous comment ta protection en cas de maladie dépend de ton revenu habituel… qui lui dépend évidemment de ton tarif !

Prenons l’exemple d’une indépendante en BNC qui a un arrêt de 5 jours car elle est clouée au lit à cause de la grippe !

Schéma explicatif en deux étapes : calcul du revenu annuel moyen cotisé (RAAM) pour une indépendante en BNC avec un CA progressif sur 3 ans (3 000 €, 6 000 €, 12 000 €), aboutissant à un RAAM de 4 620 €, sous le seuil de 4 800 € nécessaire pour toucher des indemnités journalières.
Schéma explicatif : calcul du RAAM pour un CA annuel de 10 000 € en BNC sur 3 ans, aboutissant à un RAAM de 6 600 €, qui dépasse le seuil de 4 800 € et donne droit à une indemnité journalière de 9,04 € par jour après les 3 jours de carence.<br />

Tes IJ à l’échelle de la semaine et du mois !

Pour un revenu moyen de 10 000 euros par an, tu enlèves les 3 jours de carence ça te fait 18,08 € les 5 jours d’arrêt. Et si c’est plus grave qu’une grippe ? Pour 1 mois  de 28 jours avec 3 jours de carence, ça fait 25 jours d’IJ.
On a 9.04 € d’IJ, ça fait donc 226 € par mois

Ouille ouille ouille, si c’est ton activité principale, ça peut être dur de payer le loyer et acheter à manger. Qui a dit que le statut d’indépendant·e est précaire ?

Une bonne protection sociale grâce à un chiffre d’affaires élevé

Et ce qui change tout ? Et bien, disons que tu augmentes tes tarifs et que  ton revenu annuel moyen triple et passe à  30 000 €, ton IJ, lui, quadruple ! Celui-ci sera de 41,09 € au lieu de 9,04 €.

Et plus tu gagnes, mieux tu peux te couvrir : 

  • une bonne prévoyance complète les IJ en cas d’arrêt plus long ou d’incapacité de travail, 
  • une bonne mutuelle complète tes frais de santé non couverts par l’assurance maladie.

4 – Le cas des accidents de travail et de la maladie professionnelle

Petite précision qui compte, les accidents de travail (AT) et les maladies professionnelles (MP) ne sont pas pris en compte par le régime maladie classique si tu n’es pas salarié·e. Pour cela, tu dois souscrire à l’assurance volontaire individuelle de la Sécurité sociale.

Si tu te trouves en incapacité permanente partielle (IPP), cette assurance prévoit deux façons de t’indemniser : 

  • en dessous de 10 % d’IPP, tu touches une indemnité versée en une fois,
  • à partir de 10 % d’IPP, c’est une rente qui prend le relais..

Dans tous les cas, renseigne-toi sur le sujet, surtout si ton activité est à risque ! Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres (mon mari vient de se faire renverser par une voiture en allant au travail, heureusement c’était couvert, car il a le statut de salarié).

Découvre dès maintenant l'outil Kiffe ton Inflation !

Un outil gratuit qui te permet de calculer de combien tu dois augmenter tes prix si tu ne l’as pas fait depuis plusieurs années.

5 – Et si tu fais partie d’une coopérative d’activité et d’emploi (CAE) ou que tu exerces en portage salarial ?

CPAM + subrogation, le mécanisme de base

Que tu sois en CAE ou en portage salarial, tu as le statut de personne salariée, avec une couverture sociale gérée par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM).
C’est financé par des cotisations salariales et patronales, selon un principe de solidarité. Donc si tu es malade ou si tu as subi un accident du travail, tu vas bénéficier d’une prise en charge.

Mais attention, la CPAM ne couvre que 50 % de ton salaire via les indemnités journalières de la sécu. D’ailleurs c’est ta coopérative ou ta société de portage qui perçoit directement ces 50 % à ta place et qui elle te les reverse aussitôt (voire par anticipation). Cela t’évite d’attendre plusieurs semaines le versement de la CPAM.

Et les 50 % restants, dans tout ça ? Ils sont généralement prélevés sur la trésorerie de ta propre activité. Tu continues ainsi à te verser un salaire complet pendant ton arrêt, sans que tu aies à puiser dans ton épargne personnelle.

Le maintien de ton salaire, selon ta structure

Bonne nouvelle, certaines CAE vont plus loin, avec un accord de maintien de salaire mutualisé entre les membres de la coopérative.
Ça évite de faire porter tout le poids sur ta seule trésorerie. Par exemple, dans la mienne, l’Ouvre-Boîtes, la solidarité interne permet de couvrir les 3 jours de carence et jusqu’à 30 jours de salaire. Au delà c’est pris en charge par la prévoyance.

Renseigne-toi auprès de ta CAE pour savoir ce qu’elle prévoit exactement.

Côté portage salarial, le principe est similaire. Là, c’est la convention collective du portage salarial qui prévoit un maintien partiel de salaire, selon les accords propres à chaque société de portage.

Et pour info, voici la liste des CAE et l’annuaire des sociétés de portage.

Je le répète souvent ici : défendre tes tarifs, ce n’est pas de l’égoïsme ou du caprice. C’est construire, brique par brique, ta sécurité financière. Celle-ci façonne aussi bien ta couverture en cas de maladie que ta trésorerie. Et, en cas de pépin de santé, tu pourras te consacrer à ce qui compte vraiment à ce moment-là : te soigner et retrouver la santé.

Chaque facture sous-évaluée fragilise un peu plus ton filet. Chaque tarif bien calibré le renforce. 

C’est important aussi pour avoir un matelas de sécurité pour ton activité. Ça permet de faire face à ces épreuves de la vie et de pérenniser tes affaires. 

Alors si tu veux apprendre à fixer des tarifs qui te protègent vraiment, découvre Kiffe ton Tarif® L’eLearning  !

Portrait de Sylvie Péan - Experte en vente- prix de vente et taux journalier moyen

Sylvie Péan – Fondatrice – Créatrice de la formation Kiffe Ton Tarif

SOURCES

Pour continuer à développer ton rapport à l’argent, petits conseils lecture :

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