Retraite des indépendant·es : ce que tes cotisations construisent.
Tu l’as peut-être déjà dit ou pensé : « Les cotisations Urssaf, c’est cher ! »
Et c’est vrai que ce montant qui part à l’Urssaf chaque trimestre ou chaque mois peut faire mal à ton compte en banque. Pourtant, cotiser est essentiel pour la retraite des indépendants. Ce n’est pas une taxe qui part dans le vide, c’est un investissement pour ta propre sécurité financière.
Personne ne cotise à ta place. Aucun employeur ou employeuse ne prend en charge une partie. Enfin, sauf si tu es dans une coopérative d’activité et d’emploi ou en portage salarial !
Ce que tu verses aujourd’hui participe à la solidarité nationale. Et cela te permettra d’avoir des revenus également en cas de pépin de santé et plus tard à la retraite. Alors, autant comprendre les enjeux dès maintenant.
Photo de ©Jakub Zerdzicki
Sommaire
01. La retraite des indépendants et des indépendantes repose sur deux niveaux
02. Selon ton statut d’entreprise, tes droits à la retraite changent !
03. Inégalités de retraite entre les hommes entrepreneurs et les femmes entrepreneuses
04. L’importance de consulter dès maintenant ton relevé de carrière
1 – La retraite des indépendants et des indépendantes repose sur deux niveaux
La retraite de base
La retraite de base est calculée à partir de tes meilleures années de revenus. Concrètement, elle se compose de plusieurs éléments qui s’ajoutent les uns aux autres :
- Les trimestres cotisés, liés à ton activité professionnelle d’entrepreneuse ou d’entrepreneur, de salarié·e classique ou d’autres statuts. Ils apparaîtront tous sur ton relevé de carrière.
- Les trimestres assimilés, qui couvrent les suspensions de travail, comme la maladie, la maternité, le chômage…
- Les trimestres accordés, si tu as eu un ou des enfants ou as eu en charge un ou des adultes en situation de handicap.
Or, ces trimestres n’apparaissent pas toujours automatiquement sur ton relevé de carrière, alors pense à vérifier qu’ils y sont bien, ou à en faire la demande.
La retraite complémentaire
Le second niveau, c’est la retraite complémentaire. Elle fonctionne avec un système de points que tu accumules tout au long de ta carrière, en fonction de tes cotisations. Plus tu cotises, plus tu accumules de points. Plus tu as de points, plus ta pension complémentaire sera élevée.
Les deux sont financés par tes cotisations sociales versées à l’Urssaf ou à une caisse dédiée selon ton statut.
2 – Selon ton statut d’entreprise, tes droits à la retraite changent !
Pour la retraite des indépendants, aucune règle unique n’existe. Ce serait trop facile ! Cela découle de la forme juridique de ton entreprise.
Tu es en microentreprise
Depuis le 1er juillet 2024, les microentreprises cotisent pour la retraite de base et pour la retraite complémentaire. C’est une bonne nouvelle, ce n’était pas le cas auparavant. Elles contribuaient uniquement à la retraite de base.
Tes cotisations sont calculées sur ton chiffre d’affaires réel. Ce qui veut dire que si tu ne fais pas de chiffre d’affaires sur une période, tu ne cotises pas.
Et, donc, tu ne valides aucun trimestre : une période creuse non anticipée peut laisser des trous dans ton relevé de carrière. Garder un œil sur celui-ci et anticiper les périodes de faible activité est à faire régulièrement. On en parle un peu plus bas.
Tu es en entreprise individuelle (artisan·e, commerçant·e, libéral·e non réglementé·e)
Ici, tes cotisations sont proportionnelles à ton revenu net professionnel et versées à l’Urssaf. Elles alimentent à la fois ta retraite de base et ta retraite complémentaire.
La mécanique est plus linéaire qu’en microentreprise : plus ton revenu est élevé, plus tu cotises, et plus tu accumules de droits à la retraite.
En cas de revenu très faible ou de résultat comptable négatif, une cotisation minimale est due. Son seuil actuel est de 967 € par an. Cela te permet de valider quand même 3 trimestres.
Tu es dans une coopérative d’activité et d’emploi (CAE) ou en portage salarial
Ce statut s’avère l’un des plus protecteurs sur le plan social quand on entreprend. Dans une CAE, tu es salarié·e de la coopérative. Donc, tu cotises exactement comme une personne salariée du secteur privé, avec les droits qui vont avec. C’est-à-dire la retraite de base, la retraite complémentaire et une couverture souvent plus complète qu’en solo.
Si tu es en reconversion et que tu hésites encore sur ton statut, c’est un argument à ne pas négliger.
Découvre l’annuaire des CAE
Une petite parenthèse s’impose avant de continuer : mais qui suis-je donc pour te donner tous ces conseils de vente et de juste prix ?
Sylvie Péan
Fondatrice – Créatrice de la formation Kiffe Ton Tarif
Formatrice et consultante en développement commercial, j’aide les entreprises et des entrepreneur·e·s indépendant·e·s à établir les bons prix, choisir les bonnes cibles et mieux vendre. J’ai créé Kiffe Ton Tarif pour t’aider à définir ton prix de vente parfait et remettre de la joie dans ton quotidien d’entrepreneur·e !
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3 – Inégalités de retraite entre les hommes entrepreneurs et les femmes entrepreneuses
Des retraites plus faibles pour les femmes indépendantes
En France, la pension vieillesse des femmes est inférieure de 37 % à celle des hommes en moyenne (source : DREES, Les retraités et les retraites, édition 2025).
Pourquoi un tel écart ? Carrières plus courtes, temps partiels plus fréquents, salaires plus faibles, interruptions liées aux enfants… Parce que, même si c’est chouette qu’ils existent, les trimestres accordés (je t’en ai parlé plus haut) ne suffisent pas à rattraper le retard ! Ils compensent uniquement la durée de cotisation, pas le niveau de revenu. Or, c’est bien sur celui-ci que ta pension est calculée.
Alors c’est là que tout se connecte. Les inégalités de rémunération pendant la vie active se transforment mécaniquement en inégalités sur la retraite des indépendants, entre les femmes et les hommes.
À lire aussi l’article sur LinkedIn Les femmes gagnent moins. À la retraite, c’est encore pire !
L’importance d’avoir le tarif juste dès maintenant pour une pension vieillesse acceptable
À ton avis, quelles sont les conséquences quand une entrepreneuse accepte :
- de baisser ses tarifs pour « s’adapter »,
- de travailler gratuitement pour « se faire connaître »,
- ou d’enchaîner les missions sous-valorisées ?
La réponse : elle réduit son revenu du moment. Mais pas que ! Elle réduit aussi les cotisations qu’elle verse pour sa retraite (et sa protection sociale en général).
D’ailleurs, si tu souhaites en savoir plus sur ta protection sociale liée à la maladie, j’ai écrit un article sur ce sujet.
Défendre tes tarifs, c’est aussi défendre ta retraite.
C’est pour ça aussi qu’il est essentiel de réfléchir à deux fois avant de les baisser lors d’une négociation. Surtout si ton prix est déjà serré.
Et penses-y aussi si tu travailles avec d’autres indés. Leurs tarifs te semblent très bas ? Peut-être qu’iels oublient de préparer leur retraite avec leur positionnement tarifaire.Invite-les à suivre la formation Kiffe ton Tarif® L’eLearning. Tu verras, les prix du marché s’en porteront mieux.
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Un outil gratuit qui te permet de calculer de combien tu dois augmenter tes prix si tu ne l’as pas fait depuis plusieurs années.
4 – L’importance de consulter dès maintenant ton relevé de carrière
Tu peux accéder à ton relevé de carrière en ligne, gratuitement, sur info-retraite.fr. Pour te connecter, tu t’identifies avec FranceConnect ou avec ton numéro de sécurité sociale.
Concrètement, c’est là que tu retrouves :
- les trimestres validés année par année,
- les points accumulés pour ta retraite complémentaire,
- une estimation de ta future pension.
Mon conseil : consulte-le tous les 2 à 3 ans minimum, et pas seulement à l’approche de la retraite. En effet, les erreurs de report sont plus faciles à corriger quand elles sont récentes. D’ailleurs, si tu as eu une carrière mixte ou des périodes d’inactivité, c’est encore plus important de vérifier.
Ce qu’il faut retenir :
- Les cotisations sociales représentent une part significative de tes revenus quand tu travailles à ton compte. Mais elles construisent ta protection sociale, et, parmi elles, ta retraite.
- Ne pas gagner assez, c’est cotiser moins. Cotiser moins, c’est une retraite réduite. Et pour les femmes, qui subissent déjà structurellement des pensions plus faibles, l’enjeu devient encore plus concret.
- Alors oui, bien facturer, défendre tes tarifs, refuser de travailler pour rien, c’est aussi un acte pour ton avenir. Pas seulement pour aujourd’hui.
Tu as envie de faire grimper ton chiffre d’affaires pour cotiser plus à la retraite ?
SOURCES
Pour continuer à développer ton rapport à l’argent, petits conseils lecture :
- Régime de retraite de l’entrepreneur individuel (EI), Service Public Entreprendre, 13 mai 2026
- Les retraités et les retraites, Édition 2025, DREES, 31 juillet 2025
- Durée d’assurance retraite du salarié du secteur privé, Service Public, 1er janvier 2026
- Écart de salaire entre femmes et hommes en 2024, INSEE
- Sur le papier, l’égalité, dans la vraie vie, moins, Les Glorieuses, 4 mars 2026
- Les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes : état des lieux, Observatoire des inégalités, 1er mars 2026
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