Le vrai quotidien d’un·e freelance :
tout ce qu’on ne facture pas (mais qui prend du temps)
Tu travailles à ton compte ? Ou bien tu es en reconversion et tu réfléchis à franchir le pas ? On imagine souvent que la vie de freelance se résume à ses missions facturées. Celles qui montrent qu’on « travaille vraiment », surtout lorsqu’on exerce un métier de passion.
En réalité, être indépendant·e, c’est naviguer entre tâches visibles et tâches invisibles, indispensables pour trouver des clientes et des clients. Par exemple, je suis formatrice, donc je considère que deux tiers de mon temps est non-facturable. En effet, je travaille quand je me forme, que je fais de la veille ou communique sur mon offre. Mais ce temps n’est pas facturable. C’est pareil pour toi pour gérer ton activité, quand tu fais du réseautage, gère l’administratif ou la compta, etc.
Bref : c’est un vrai métier dans le métier. On découvre tout ça ensemble ?
Photo de ©Jon Tyson.
Sommaire
01. Le quotidien de l’entrepreneuse et de l’entrepreneur solo : calculer son temps pour le facturer au juste prix
02. La prospection : trouver sa clientèle, du temps et de l’énergie
03. Le réseau : ton meilleur allié contre l’isolement
04. La visibilité : communiquer tes offres et tes valeurs
05. La vie de freelance : 3 solutions pour alléger la charge administrative quotidienne
06. La montée en compétences : un temps précieux pour développer ton activité
Le quotidien de l’entrepreneuse et de l’entrepreneur solo : calculer son temps pour le facturer au juste prix
Combien de temps consacres-tu à ton activité ?
Pas seulement au cœur de ton métier, mais aussi à tout ce qui gravite autour ?
Beaucoup d’indépendant·es sous-estiment :
- la prospection,
- le travail administratif,
- la communication,
- la comptabilité,
- la création d’offres,
- le suivi clientèle,
- la veille professionnelle,
- la formation…
Et pourtant, tu dois accomplir toutes ces tâches mensuelles.
Pourquoi relever ton temps pour chaque tâche est-il indispensable ?
Cela te permet de :
- fixer un prix juste.
- t’organiser au quotidien.
Je te conseille de tout noter pendant un mois. Vraiment tout.
Par exemple :
- répondre à une demande de devis,
- préparer un rendez-vous découverte,
- restructurer une page de site,
- mettre à jour ton portfolio,
- faire de la veille métier,
- gérer tes emails…
Comment suivre ton temps facilement ?
Tu peux utiliser des outils gratuits (Toggl Track, Clockify, MyHours…), mais un tableau simple fonctionne très bien.
Crée 5 colonnes :
- intitulé de la tâche,
- projet (communication, prospection, conception, déclaration URSSAF…),
- pour qui (nom du client ou de la cliente si c’est une mission facturable ou bien le nom de ta boîte si c’est une mission non-facturable),
- temps passé sur la tâche,
- date de la tâche.
Astuce visuelle : Ajoute des couleurs selon le projet.
À la fin du mois, tu peux aussi effectuer un graphique montrant la répartition : mission / prospection / communication /administratif /formation /etc.
Tu auras ainsi une vue d’ensemble du travail mensuel et hebdomadaire que tu accomplis. Cela t’aidera à mieux t’organiser et à calculer tes tarifs avec précision.
La prospection : trouver sa clientèle, du temps et de l’énergie
La prospection, c’est toutes les actions que tu mets en place pour attirer ta clientèle cible.
Et contrairement à un mythe persistant : non, elle ne tombe pas du ciel quand on se lance.
Que comprend vraiment la recherche de clientes et de clients ? Parfois, les freelances pensent que celle-ci rime à publier deux posts sur LinkedIn ou Instagram.
En réalité, c’est beaucoup plus vaste. C’est :
- participer à des rencontres pros,
- échanger avec des pairs,
- relancer des conversations oubliées,
- assister ou créer des ateliers,
- rechercher des appels d’offres,
- contacter des personnes ou des structures avec avec qui l’on aimerait travailler,
- envoyer des emails ciblés,
- préparer ses pitchs…
Une estimation réaliste : au moins une journée de travail par semaine sur la recherche d’une clientèle potentielle.
Le réseau : ton meilleur allié contre l’isolement
Créer du lien, c’est indispensable, non seulement pour trouver des missions, mais aussi pour ne pas s’isoler.
Quelques pistes :
- collectifs et réseaux professionnels,
- espaces de coworking,
- groupes métiers locaux,
- coopératives d’activité et d’emploi,
- accompagnements et incubateurs.
Construire ton réseau n’est pas « du temps perdu ». C’est un investissement dans ta stabilité, ta visibilité et ta charge mentale.
Envie de passer à l’action pour fixer tes tarifs ?
La visibilité : communiquer tes offres et tes valeurs
Communiquer, ce n’est pas « faire joli sur Instagram ». C’est rendre ton activité visible, compréhensible et trouvable.
Les outils possibles :
- un site web vitrine ou e-commerce,
- une page Google my Business,
- une présence sur un réseau social choisi sur lequel se trouvent tes client·es cibles (un seul bien géré vaut mieux que plusieurs mal gérés d’ailleurs),
- une newsletter,
- un portfolio,
- des témoignages de client·es,
- un blog optimisé SEO.
Déléguer ou faire soi-même ? Si tu n’as pas le budget pour missionner une ou un autre professionnel·le, tu peux avancer petit à petit.
Mais garde en tête que la communication et prospection constituent aussi un moteur de ton activité.
Tu ne factures pas directement ces tâches, mais elles contribuent à accroitre ton chiffre d’affaires.
Alors, prête à fixer le bon tarif ?
Et si tu préfères le face à face
La vie de freelance : 3 solutions pour alléger la charge administrative quotidienne
Comptabilité, devis, factures, contrats, impôts, URSSAF, assurance pro, aucun statut n’y échappe.
1. Les CAE : mutualisation et protection sociale
Les Coopératives d’Activité et d’Emploi te permettent de :
- être entrepreneur ou entrepreneuse salariée,
- mutualiser la gestion administrative,
- bénéficier du salariat (congés, protection sociale, retraite).
Tu te concentres, donc, davantage sur ton cœur de métier tout en t’appuyant sur un collectif fort.
2. Le portage salarial : sécurité et souplesse
Idéal si tu veux tester ton projet et sécuriser ton statut avec :
- un contrat de travail,
- une gestion administrative déléguée,
- la simplicité des démarches.
3. Déléguer à un·e assistant·e administratif·ve
Quand le budget le permet, tu peux faire appel à un assistant ou une assistante administrative. Même quelques heures par mois peuvent te soulager énormément.
Ton énergie revient dans ton cœur de métier.
Es-tu en situation de handicap ? Cet article te donne une solution pour se lancer à son compte quand on est travailleuse ou travailleur indépendant handicapé
La montée en compétences : un temps précieux pour développer ton activité
Tu veux faire évoluer ton entreprise ?
La formation est un levier concret : nouvelles offres, nouveaux tarifs, nouvelles compétences. Tes aptitudes acquises, tu les répercutes dans le prix de ton produit ou de ta prestation.
Transformer ses idées en une offre claire : le juste prix
Maintenant que tu visualises tout ce qui compose ton temps de travail, il est important que tu sois aligné·e avec tes prix.
Ton tarif doit intégrer quelques éléments cités plus haut :
- ton expertise,
- ton temps de travail visible,
- ton temps de travail invisible,
- tes frais réels,
- ton évolution professionnelle,
- l’inflation…
La vie de freelance ne se résume pas à ton expertise.
Je dis toujours qu’être à son compte nécessite trois compétences majeures :
- ton expertise métier (et c’est souvent la raison principale pour laquelle on se lance),
- le pilotage d’activité (puis-je investir maintenant ou devrais-je attendre un peu de trésorerie ou chercher un financement ?),
- la vente (et c’est en général là que ça pêche).
Si une de ces compétences manque, le projet aura beaucoup de mal à durer, voire à décoller. Rassure-toi : ça s’apprend.
C’est la gestion complète d’une entreprise, même si tu es solo et… surtout si tu es solo.
Valorise ton travail non-facturable pour vivre sereinement de ton activité.
Celui-ci n’est pas gratuit. Il fait partie de ton métier, de ta valeur et de ta posture professionnelle.
Plus tu en prends conscience, plus tu peux construire :
- des prix alignés,
- un planning équilibré,
- une activité durable.
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Sylvie Péan – Fondatrice – Créatrice de la formation Kiffe Ton Tarif
SOURCES
- Se lancer en freelance, comment réussir, bpifrance, décembre 2022
https://bpifrance-creation.fr/system/files/Support%20présentation%20webinaire%20se%20lancer%20en%20freelance%20comment%20reussir.pdf - Et si vous deveniez indépendant ? France travail
https://www.francetravail.fr/candidat/je-creereprends-une-entreprise/avant-de-se-lancer/et-si-vous-deveniez-independant.html - Coopératives d’activités et d’emploi, bpifrance, septembre 2023
https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/differentes-facons-dentreprendre/entreprendre-autrement/cooperatives-dactivites - Portage salarial, Service public entreprendre, juillet 2025
https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31620
